Rencontre avec Joël, réfugié congolais en alternance chez BNP Paribas

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Joël a 31 ans et est réfugié congolais. Après une formation “Développeur.se web” de 7 mois en 2018, il a décroché un contrat en alternance chez BNP Paribas (3 semaines de formation en entreprise et 1 semaine de formation chez Simplon). Il nous parle ici de son expérience chez Simplon et à la BNP Paribas. 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis réfugié congolais, je viens de RDC [République Démocratique du Congo]. Je suis arrivé en France en 2015. Aujourd’hui, j’ai 31 ans. Je suis arrivé en France car j’ai fui la guerre dans mon pays.

Avant d’arriver en France, j’avais aussi fait un tour en Norvège, où j’ai passé 3 ans et demi. Ça n’a pas marché donc je suis revenu en France.

Quand avez-vous intégré la formation Refugeeks ? 

C’était l’année dernière, si je me souviens bien… En mars 2018, on a fait les entretiens, et quand j’ai été accepté, on a passé deux mois à l’Alliance Française pour apprendre le français. C’était exigé dans le programme, peu importe d’où vous venez. Après, c’est en juin que j’ai commencé le code avec la formation JS [Java Script] pendant 7 mois. 

Vous faisiez déjà du code avant ? 

Pas vraiment. Dans mon pays, je n’avais pas cette opportunité-là. Avoir internet, même avoir des ordinateurs, pour taper, faire quelque chose… En Norvège, j’ai passé deux ans dans un camp de réfugiés, il n’y avait rien. On n’avait pas le droit de travailler, mais on avait une petite salle où il y avait des ordinateurs. Du coup chaque soir, j’allais là-bas pour m’amuser. Je regardais des vidéos, sur YouTube. Un jour, je suis tombé sur une vidéo qui parlait de sites internet, de photos. Et un jour, un ami est venu me poser une question, si je pouvais créer un site internet. Moi je ne connaissais rien, mais j’ai accepté parce il m’a dit que si j’arrivais à le faire, il allait me payer. Du coup, parce qu’il y avait de l’argent, j’ai dit, “Je vais essayer”. Je suis allé sur internet et j’ai tapé sur Google, “Comment créer un site internet ?”. Et c’est comme ça que j’ai commencé, avec des tutos. J’ai commencé à regarder des vidéos, c’était sur WordPress, je suivais à la loupe, jusqu’à ce que je créé un site internet. Ça m’a beaucoup plu. 

Et avant, vous aviez travaillé dans un autre domaine ?

Avant, j’étais à l’école, j’ai fait de la biochimie. J’ai obtenu mon diplôme, un examen d’État. Ici c’est un peu comme un bac S. Mais je n’ai pas continué à l’université. 

Qu’avez-vous pensé de la formation de 7 mois ?

Franchement au début, c’était tellement difficile, compliqué pour moi.  C’était pas facile du tout. Mais j’ai tellement aimé, que j’avais envie de connaître, savoir comment développer… J’avais quand même quelques connaissances, mais rien à voir par rapport à JS. C’était tellement difficile au début, mais j’avais de bons professeurs et des amis qui m’ont beaucoup aidé. Mais au début, les deux premiers mois, c’était vraiment… Au fur et à mesure, j’ai commencé à m’habituer, jusqu’à maintenant. Et quand on a fini les 7 mois, c’était trop bien. J’ai appris de bonnes bases. J’ai pu concevoir des sites. 

Que faites-vous aujourd’hui ? 

Ce qui est bien, c’est que le programme Refugeeks est soutenu par la BNP Paribas. J’ai passé un entretien avec la BNP Paribas pour un contrat de professionnalisation,  où j’ai été accepté. Et là, je continue ma formation en alternance. J’ai commencé en février. Ça fait presque 5 mois que je suis là-bas. C’est plutôt bien. Là-bas, je suis responsable d’applications, en formation, bien sûr. Chacun a environ 25 applications à gérer. Moi pour le moment j’ai une seule application à gérer, c’est une application sur la gestion des astreintes. Il y a des salariés qui déclarent des astreintes, je suis là pour faire les mises à jour. Comme l’application est en version web, ils m’ont demandé de créer une version mobile de l’application. 

Combien de temps dure le contrat ? 

Ça dure 13 mois. Ça se passe très très bien.  On a été vraiment bien accueillis. J’ai un super tuteur qui me suit. On a un fichier de suivi. Pour toutes les missions que tu réussis, c’est coté. Toutes les deux semaines, on fait des contrôles individuels, pour regarder si j’ai évolué, si j’ai réussi la mission qu’il m’a confié. 

Quelles sont vos perspectives ?

J’aimerais continuer à monter en compétence, et pourquoi pas trouver un CDI à la BNP Paribas. Ça serait une bonne chose. Il y a la possibilité, parce qu’on a parlé avec les RH, de continuer jusqu’au niveau bac+5. Donc, pour ceux qui sont motivés, ils sont prêts à offrir cette opportunité. On verra, pour le moment, mon souhait c’est de monter en compétence, que je sois vraiment utile à l’équipe et pourquoi pas trouver un CDI. 

Qu’est-ce que les cours de français vous ont apporté ? Que ce soit à l’Alliance Française ou avec Assia [professeure de français chez Simplon.co] ?

Franchement, ça m’a beaucoup apporté. Je parlais le français, mais en réalité, je ne parlais pas le français [Rires]. Oui, parce que les 3 ans que j’ai passé en Norvège, je commençais un peu à l’oublier. Même si je viens d’un pays francophone, je me suis aussi rendu compte qu’au niveau orthographe, grammaire, conjugaison, j’étais nul. En fait, Assia, elle nous a beaucoup aidé. La pauvre, on l’a beaucoup saoulé aussi ! Et puis, surtout l’Alliance Française, c’était…. Waouw ! Même jusqu’à maintenant, j’ai encore mes cours, je recommence à réviser. Ce qui est bien, c’est qu’on travaille plus la grammaire, et même si j’ai commis une erreur, je sais que ce n’est pas comme ça… La conjugaison, c’est comme ça, comme ci… C’était vraiment important. Ça m’a beaucoup apporté au niveau de l’expression, au niveau de l’élocution, comment parler, articuler… C’était trop bien ! Même si les deux mois, on aimerait que ce soit encore plus ! 

Ça vous a aussi permis de rencontrer d’autres gens ?

Voilà, c’est ça ! Parce qu’à l’Alliance Française, il y a presque toutes les nationalités… Des brésiliennes, des américaines… J’ai trouvé même un policier norvégien [Rires] ! Un norvégien qui est venu, je me suis dit mais… Un policier norvégien en France qui est venu apprendre le français ! Du coup on a fait connaissance, on est restés amis jusqu’à maintenant. J’ai beaucoup aimé l’Alliance Française. 

Et à Simplon, qu’est-ce qui vous plaît ?

Tout ! Tout ! pourquoi ? Parce que quand j’ai intégré Simplon, au tout début, je n’avais pas un avenir, vraiment. Simplon a fait de moi… En fait, aujourd’hui, je rêvais d’un avenir quand j’ai quitté mon pays. Je me disais, je vais finir mes études, parce que je n’ai pas eu cette opportunité-là. Simplon m’a donné cette opportunité. Je n’ai pas payé. Chaque fois, quand je pense à ça… C’est pas seulement une formation qui est certifiante. J’ai trouvé aussi un travail, que dans mes rêves, je n’imaginais même pas. Et puis, je suis suivi, je suis resté en contact jusqu’à maintenant avec mes formateurs. Quand je les appelle, ils sont là pour me donner encore un coup de main. C’est vraiment une famille en fait. Avec tous les autres Simploniens, nous sommes restés collés. On fait des repas d’équipe, on s’appelle, donc c’est vraiment une famille, qui est partie pour durer. Ce qui me plaît, c’est que c’est pas seulement une école. C’est cette ambiance-là, cette familiarité. Même avec le prof, avec Assia… Même si on a fini la formation avec elle, il y a des fois, on s’appelle. 

Vous êtes heureux d’être là ? 

Très très heureux. Très content. J’ai retrouvé le sourire. C’est magnifique. 

Qu’est-ce que vous aimez faire sur votre temps libre ?

Là, on n’a même pas de temps libre. C’est comme si la formation continue tout le temps. Car ici j’ai fait JS, mais là-bas, en entreprise, je fais un autre langage, je suis sur PHP. J’ai dû apprendre un autre langage qui n’a rien à voir. 

Vous avez réussi à vous adapter ?

Ils ont mis tout en place. On a une forme d’école en ligne, “Open Classroom”, pour tous les salariés, les nouveaux. On suit la formation PHP et Aguila. Les deux premiers mois je faisais que ça. Maintenant on peut me laisser quelques missions. 

Vous n’avez pas de place pour faire des activités autres ?

Franchement pas trop, je ne vais pas mentir. C’est trop chargé avec l’entreprise et l’école, et le projet à présenter avant la fin de la formation. 

Vous avez des choses à rajouter ? Un message à faire passer ? 

Je remercie Simplon, les chefs, les responsables, toute l’équipe. Franchement, Simplon, c’est vraiment….ça nous a beaucoup apporté. Grâce à Simplon, j’ai oublié mon passé. J’ai retrouvé une vie que j’avais perdue. Je vais de l’avant, je vois mon avenir, je peux bâtir un foyer. Ce qui est bien, c’est que maintenant le projet a lieu dans d’autres villes. Mon souhait, c’est qu’il se développe dans d’autres pays, car les réfugiés sont partout. C’est pas facile, mais nous sommes parmi les ambassadeurs de demain. Ce que Simplon a fait de nous… je peux dire “Merci” !

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